A l’ouest de l’Inde, dans l’Etat indien du Gujarat, le parc national de Gir abrite les derniers lions d’Asie. Selon un dernier recensement, leur nombre est passé de 627 à 891 depuis que l’Inde a décidé de les protéger. Un succès incontestable qui ferait presque de l’ombre aux fameux tigres ! Selon l’AFP, les lions du Gujarat vont tellement bien qu’ils n’hésitent plus désormais à sortir des limites du parc de Gir, pourtant d’une étendue de 1 900 km². Ce qui n’est pas sans poser de problème aux villageois et éleveurs environnants qui voient les attaques se multiplier sur leurs troupeaux. Elles seraient passées de plus de 2 000 en 2020 à plus de 4 000 en 2024.
Si le Dr Ramratan Nala, directeur de la réserve, déplore ces attaques, il ne peut cacher une certaine fierté d’avoir obtenu une telle augmentation de ces lions, venus d’Afrique via le Moyen-Orient, il y a des milliers d’années. Pourtant, en 1947, seule une vingtaine de lions avait survécu à la chasse et à la disparition de leur habitat. Ils doivent leur survie à un prince du Gujarat qui, après en avoir beaucoup chassé, a décidé de les protéger en les laissant vivre sur ses terres, depuis devenues le parc national de Gir, aussi appelé Sasan Gir. Le programme de protection mis en place a tellement bien fonctionné qu’en 2008, l’espèce a quitté la liste des espèces menacées d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ce succès repose aussi sur une certaine tolérance de la part des habitants, habitués à vivre avec les lions depuis toujours. Les fauves ne sont pas braconnés même lorsqu’ils attaquent le bétail. Il est vrai que le tourisme, engendré par les safaris dans le parc, est devenu une vraie manne financière pour la région. Le parc national de Gir est ouvert à la visite toute l’année mais la meilleure saison pour y faire un safari va de novembre à fin mars, lorsque les températures se font plus fraîches et que la végétation perd un peu de ses feuilles. Outre les lions, le parc accueille plus de 400 autres espèces animales. Attention, toutes les zones du parc ne sont pas accessibles au tourisme. Le seul véritable enjeu actuel reste le risque d’appauvrissement génétique de ces populations de lions coupées du reste du monde. Cet appauvrissement peut devenir un vrai problème en cas d’épidémie. Si le gouvernement indien a lancé en 2013 un projet de réintroduction du lion asiatique au Madhya Pradesh, les autorités du Gujarat ont toujours refusé le transfert d’une partie de ses lions vers le sanctuaire de Kuno. Pour s’en consoler, le parc de Kuno participe, depuis 2023, a une expérience de réintroduction du guépard avec des animaux en provenance de Namibie.

