Premier pays africain à avoir créer des réserves animalières, l’Afrique du Sud offre aux amoureux des safaris une faune et une flore parmi les plus riches du continent protégées par de nombreux parc nationaux et des réserves privées. Mais, au-delà des fameux « big five » et une foule d’autres animaux terrestres endémiques (springbok, suricate…) s’ajoute une faune aquatique unique au monde avec de nombreuses colonies de phoques, des baleines en migration et des tortues à admirer sous l’eau ou sur les plages.
« Avez-vous visité le Kruger ? » sera sans doute l’une des premières questions qui vous sera posée en Afrique du Sud. Que vous répondiez par l’affirmative ou non, votre interlocuteur en profitera pour raconter ses souvenirs. Et, ils risquent d’être nombreux ces souvenirs. Pensez donc. Le parc Kruger fait deux fois la Corse, abrite 138 espèces animales, 450 espèces d’oiseaux et plus de 200 familles de plantes. Nul besoin de guide assermenté, de garde ou de chauffeur attitré, le parc se découvre librement au volant de sa voiture. Et c’est là un des grands « must » de l’Afrique du Sud. Quoi de plus merveilleux que de découvrir soi-même, en mode safari, la haute stature du grand koudou et ses cornes torsadées, de croiser une famille de lion en maraude, de débusquer un léopard perché dans un arbre ou de suivre le dandinement altier d’un couple de girafes. Au début, plein d’animaux échapperont à votre œil de citadin. Mais peu à peu, vous saurez distinguer le guépard caché dans les hautes herbes, attendre l’arrivée des animaux au point d‘eau, anticiper la chasse du lion, débusquer l’impala blottie dans un fourré. Restez vigilant et n’oubliez jamais céder le passage, surtout s’il s’agit d’un éléphant ou d’un rhinocéros blanc : les animaux sont prioritaires même s’ils vous grillent la priorité. Le soir, au bar du lodge, la conversation s’engagera inévitablement sur la question des « Big Five », les cinq gros. Il faut les avoir vu et inutile de songer à quitter le parc sans eux. Le lion, l’éléphant, le rhinocéros, blanc ou noir peu importe, le léopard et le buffle sont les garants d’un safari réussi et d’hôtes réjouis. Au Kruger, pas de soucis. Avec 7 500 éléphants, 1 400 lions et plus de 700 rhinocéros recensés, ce serait bien le diable si vous n’y parvenez pas. Parmi nos lodges coup de cœur pour organiser votre safari dans le parc du Kruger : les camps saisonniers de Satara Plains et Tshokwane River et le lodge Lukimbi Safari.
Créé en 1926, le Kruger est l’ancêtre des parcs nationaux africains. Ses routes asphaltées permettent de le découvrir en toute quiétude sans recourir à un guide. C’est là sa force et sa faiblesse. Alors pour éviter d’éventuels jours de grande affluence, direction les concessions et réserves privées pour une expérience safari en Afrique du Sud plus immersive ! Avec en effet près d’un million de million de visiteurs par an, le parc peut parfois pâtir de sa notoriété. Pour remédier à ce problème, plusieurs lodges se sont installés dans ou en périphérie du parc. La réserve de Sabi Sabi abrite ainsi le Bush Lodge, le Selati Camp, le Little Bush Camp et l’Earth Lodge. Le groupe Singita est quant à lui présent dans le parc avec le Lebombo et le Sweni et, dans la réserve de Sabi Sand, avec le Boulders et l’Ebony. Bien d’autres lieux incroyables existent encore (Manyeleti, Londolozi Camp, Ulusaba, Lions camp…) qui tous rivalisent de confort et d’attentions. Entre le parc et ces réserves privées, ni barrière ni clôture. Les animaux sont libres. Si le prix du séjour y est évidement plus élevé, ces lodges réservent les safaris à leurs seuls clients et les expériences proposées sont uniques. En 4×4, à pied ou à cheval, parfois même en montgolfière, jour comme de nuit, les guides n’aiment rien de plus que vous amener au plus près des animaux. Quoi de plus excitant que de voir s’approcher un jeune mâle éléphant de votre véhicule, quoi de plus magique que de suivre pendant plus d’une heure une femelle léopard apprenant à chasser à ses petits où d’assister, à pied, aux plongeons dans la rivière d’un groupe d’hippopotames. A chaque fois, vous vivrez ces expériences seul. Avant de partir en safari, les rangers se partagent les itinéraires pour éviter de se croiser. Ils ont pour consigne de ne s’appeler à la radio que si une scène extraordinaire mérite d’être partagée par tous les clients du lodge. La proximité avec les animaux n’a jamais été aussi ténue même si elle se fait toujours dans le respect des règles de sécurité.
La réserve d’Hluhluwe-Umfolosi est un des secrets bien gardés des amateurs de safaris en Afrique du Sud. Située à environ 300 km à l’est de Durban, elle fut le territoire de chasse privilégié des rois Zoulous avant de devenir réserve intégrale en 1895. Sa particularité est d’abriter une des plus importantes populations de rhinocéros d’Afrique. Le guide s’est immobilisé. Jumelles en main, il scrute la pente couverte de buissons et se retourne en souriant. « Le rhinocéros est là. Tout près ». Le 4×4 se remet en route. L’animal est soudain là, énorme et d’une étonnante tranquillité. C’est un rhinocéros blanc, reconnaissable à ses grosses lèvres lippues. C’est notre premier safari en Afrique du Sud et trois des cinq « Big Five » (une famille de lions et un groupe d’éléphants) ont déjà été observés. La réserve de Hluhluwe-Umfolozi n’a plus de secrets pour le ranger Nunu Jobe, le «Rhino Whisperer», l’homme qui murmure à l’oreille des rhinos. Travaillant depuis des années dans le parc, il a la réputation de pouvoir approcher au plus près les rhinocéros blancs. Il emmène donc les amateurs de sensations fortes sur les traces de ces monstres de la savane, leur apprend à les pister et dévoile ses astuces et ses stratagèmes pour s’en approcher. Un moment inoubliable car la rencontre avec les rhinocéros est toujours accompagnée d’une petite décharge d’adrénaline. La rivière Hluhluwe, qui traverse la réserve, se jette plus au sud dans le lac de Santa-Lucia, au cœur du parc iSimangaliso qui protège 220 km de rivage. Notre lodge coup de cœur est le Rhino Ridge lodge.
Toujours dans la province du KwaZulu-Natal, le parc national d’iSimangaliso protège la plus grande zone humide d’Afrique du Sud. Composée de quatre grands lacs reliés entre eux par un réseau de canaux se perdant dans les forêts et les roseaux, cette zone, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité, est séparée de l’Océan Indien par de hautes dunes. La mer pénètre à plusieurs endroits à marée haute et nombre d’espèces de poissons pénètrent alors dans les lagunes afin de frayer dans les mangroves. Ce va-et-vient des poissons en fonction des marées est à l’origine de pièges ingénieux mis en place depuis des milliers d’années par les pêcheurs de l’ethnie Tsonga. Embarquement immédiat pour un votre premier safari en Afrique du Sud entre terre et mer. Côté terre, le parc alterne de hautes dunes de sable, un labyrinthe de lacs, de mangroves et de marais, et de vastes plaines de savane arborée où vivent léopards, buffles, girafes, zèbres, nyalas, koudous et plus de 300 espèces d’oiseaux. Côté mer, l’Océan Indien abrite une faune marine parmi les plus riches du monde avec 1039 espèces de poissons et 32 espèces de mammifères marins (dauphins, baleines à bosse, baleines franches, raies manta). Là, sur les plages interminables, un autre guide nous fera assister, deux jours après notre safari terrestre, à la ponte d’une tortue marine ! De novembre à février, les tortues Luth et Caouanne viennent en effet pondre sur les plages dont le sable, de couleur noire car riche en titane, retient la chaleur du soleil et agit comme un incubateur naturel pour les œufs ! Le parc d’iSimangaliso se découvre en 4×4 mais aussi et surtout en bateau à moteur sur le lac de Santa Lucia ou en canoë et en kayak sur les nombreux canaux et petits lacs intérieurs à la rencontre des hippopotames, des crocodiles et de nombreux oiseaux. Enfin, de nombreux sentiers de randonnée permettent de découvrir, en compagnie d’un guide naturaliste, la flore incroyable du parc dont ses étonnantes forêts de palmiers raphia. S’il est une saison magique à iSimangaliso, c’est bien celle qui court de novembre à avril, au cours de l’été austral. C’est en effet à cette période que vous aurez la possibilité d’admirer les baleines passer au large, assister à la ponte des tortues (de novembre à janvier) et voir naître les jeunes tortues (mars-avril). Nelson Mandela adorait ce lieu : « iSimangaliso doit être le seul endroit sur Terre où le plus ancien mammifère terrestre, le rhinocéros, et le plus grand mammifère terrestre, l’éléphant, partagent un écosystème avec le plus vieux poisson, le cœlacanthe, et le plus grand mammifère marin, la baleine. ». D’ailleurs, iSimangaliso ne veut-il pas dire signifie « endroit miraculeux » en langue Zoulou. Nos loges coup de cœur sont le Thonga Beach est en bord de plage et le Kosi Forest dans la forêt.
Au nord de la ville du Cap, la région du Namaqualand est à visiter au moment de la saison des pluie. A la moindre averse, le désert se couvre de millions de fleurs oranges, rouges, jaunes ou violettes. Hélas, ce tapis végétal unique au monde est éphémère. Les fleurs n’ont que quelques jours pour accomplir leur cycle de vie et disparaître. Les graines attendront alors patiemment la prochaine pluie dans un an, dix ou trente peu importe, pour germer, pousser, fleurir en à peine une journée. A défaut de fleurs lors de votre passage dans cette région semi désertique, gardez tout de même un œil ouvert. On dit que les diamants s’y trouvent encore à même le sol. Et eux sont éternels.
C’est en 1651 que les premiers colons européens, venus de Hollande, s’installent au Cap alors escale de la toute puissante Compagnie des Indes. Quelques années plus tard, des huguenots français les rejoignent et plantent des vignes dans les vallées avoisinantes. Jadis, le premier marin à en apercevoir la silhouette de la fameuse montagne de la Table recevait une pièce d’argent car pour tous les équipages, elle signifiait vivres frais à profusion et eau potable après de bien longues semaines passées en mer. Ce n’est pourtant pas de cette perspective de nourritures terrestres et de ripailles que vient son nom, mais de sa forme : un sommet parfaitement plat, identifiable à coup sûr et qui, en s’abîmant dans les flots plus au sud, forme le Cap de Bonne Espérance. Omniprésente, la Table se dresse à chaque coin de rue, s’impose partout en toile de fond, s’imprime sur chaque photo. Seul moyen d’y échapper: y grimper. Les plus courageux le feront à pied au terme d’une inoubliable balade au milieu des protées, ces fleurs charnues et colorées, emblèmes de la ville. Les autres prendront le téléphérique. Du haut de ces 1 087m, gravis pour la première fois en 1503 par le navigateur portugais Antonio de Saldhana, le Cap se livre tout entier dans ses moindres détails. A l’ombre de Signal Hill, ce mamelon rocheux d’où était jadis signalée l’arrivée des navires, les belles maisons de Sea Point, Camps Bay et Clifton alignées au bord de plages à l’eau claire attirent les jeunes loups de la finance. A l’heure du déjeuner, le Jardin de la Colonie, ancien potager salvateur des marins en proie au scorbut, s’emplit d’étudiants. Les hautes tours de verre et de fer d’Adderley Street font désormais de l’ombre aux vieux bâtiments de briques d’époque victorienne et les demeures cossues aux balcons en fer forgé de Long Street, fief des antiquaires. En longeant Strand Avenue vers le nord-ouest, voici Bo-Kaap, le quartier malais. Délimité par les rues Rose, Wale et Chiappini, il abrite quelques mosquées et d’innombrables maisonnettes aux couleurs pastels habitées par les descendants des esclaves jadis arrachés aux douceurs de Java et de Bali. Enfin, le Waterfront, le port du Cap a fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation. Les docks Victoria et Albert, construits en 1860, accueillent maintenant un port de plaisance ultra-moderne, des restaurants, des boutiques, des cinémas et des salles de concerts. L’aquarium et le musée maritime s’y sont également installés. En fin d’après-midi, presque toute la ville s’y retrouve. fameuse Table. C’est le moment où jamais de se joindre à eux.
Les week-end, les capetoniens n’ont qu’une seule idée en tête : quitter la ville. Oh, ils ne vont pas bien loin. Un kilomètre, parfois deux, suffit pour les retrouver en maillot de bain, en combinaison de surf. Le choix des activités semble infini. Outre le footing sur les pentes de Signal Hill, le vélo sur les routes du Cap de Bonne Espérance, le beach-volley à Muizemberg, la voile à Hout Bay, l’équitation sur l’immense plage de Chapman’s Bay, la plongée au large de l’île des Phoques, le parapente au départ du massif des Douze Apôtres, le surf et la planche à voile à Bloubergstrand, l’inoubliable baignade au milieu des manchots de la plage des Boulders et le bowling à Constantia et à Clifton, il est aussi possible, en saison, d’aller observer les baleines à False Bay, de taquiner le gros au large de Robben Island, d’observer le vol des oiseaux marins à Lambert’s Bay ou de flâner au milieu des quelque 2000 variétés de fleurs recensées dans le parc floral de Silvermine. Epuisant !
Tous les amateurs vont le diront, les vins sud-africains sont loin d’être mauvais. Avec une production annuelle dépassant le million de litres, l’Afrique du Sud, et plus particulièrement la région du Cap, se classe désormais parmi les cinq premiers pays viticoles mondiaux. Au départ du Cap, une petite heure de voiture permet d’aborder les vignobles et ses magnifiques « Wine Routes ». Les premiers ceps de vigne importés par les Huguenots français dans les années 1680 ont fait bien des petits. Tout l’arrière pays de la région du Cap en est couvert, de Stellenbosch à Paarl, de Franschoek à Worcester, de Robertson à Malmesbury. D’innombrables routes du vin sillonnent ces paysages grandioses où alternent vallées fertiles et montagnes déchiquetées par l’érosion. C’est en janvier-février qu’ont lieu les vendanges, un spectacle haut en couleurs et ponctué de petites fêtes célébrant la cueillette des premières grappes. Nombre des villages de la région ont gardé leur architecture hollandaise. Murs blancs, huisseries verts foncés, pignon décoré sont précieusement conservés et restaurés. Groot Constantia, premier domaine viticole sud-africain (il a été construit en 1685), offre un bel exemple de cet art de vivre. Tout comme d’ailleurs le domaine de Boschendal, situé sur la route de Stellenbosh (fondé en 1679) et de Franschoek, la « Vallée des Français ». C’est ici, dans ce village, qui se trouve le musée des Huguenots. Si la vigne et le vin y figurent en bonne place, l’endroit s’attache surtout à donner une idée de l’évolution du mode de vie de ces Français sur près de trois siècles. Une vie austère, empreinte de puritanisme, consacrée au travail de la terre et rythmée par la lecture de la Bible. L’essentiel des pièces exposées proviennent des greniers des actuels descendants des familles Leroux, Pinard, Malherbe, De Villiers, Jourdan et autre Dutoit auxquelles le Mémorial huguenot voisin rend hommage.
Le 27 avril 1994, juché sur le toit de l’Hôtel de Ville, Nelson Mandela célébrait sa victoire aux premières élections libres du pays mettant ainsi fin à cinq siècles de domination blanche. C’est en effet vers 1487 que le navigateur portugais Bartolomeu Dias découvre cette baie bien protégée. A la recherche d’un passage vers les Indes, il contourne l’Afrique et nomme « Cabo da Boa Esperança » le dernier promontoire rocheux du continent africain. Dix ans plus tard, c’est au tour du célèbre Vasco de Gama de croiser au large du Cap de Bonne Espérance. Il faudra pourtant attendre 1647 pour que les premiers colons prennent pieds sur le rivage. Et encore s’agit-il des naufragés du navire hollandais « Nieuw-Haarlem » qui y passeront une année avant d’être secourus. De retour au pays, ils dresseront un portrait si favorable de l’endroit que la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales (la célèbre VOC) décide d’y installer un comptoir de ravitaillement pour ses navires. En décembre 1651, Van Riebeck, premier gouverneur du Cap débarque donc avec une poignée de colons, des animaux domestiques et de quoi constituer un potager digne de ce nom. Devant le refus des Sans et des Khoïkhoï de travailler pour eux, les Hollandais font rapidement venir des esclaves de Malaisie et de Java dont les descendants peuplent aujourd’hui le quartier de Bo-Kaap. Arrivent ensuite au gré des marées, les huguenots français, les Allemands et les Anglais. Au Cap, baptisé « la Taverne des Océans », le métissage, qui va bon train, génère une nouvelle population, les « coloured people », et une nouvelle langue, l’afrikaans, fait de hollandais, de malais et de bantou. En 1814, les Anglais achètent la ville du Cap à la Compagnie des Indes moribonde. L’abolition de l’esclavage en 1834 provoque le fameux exode des fermiers hollandais, les Boers, vers le nord. De ce « Grand Trek » naîtra la ville de Johannesbourg. En 1913, seront votées les premières lois de ségrégation envers les Noirs qui serviront de fondement à la politique d’apartheid, politique officiellement abolie en 1991.
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