Une quarantaine de rhinocéros blancs d’Afrique du Sud devraient prochainement venir renforcer la population présente en Tanzanie. La Tanzanie ne compte en effet plus que 212 spécimens alors que l’Afrique du Sud en compte près de 14 000 mais soumis à un fort braconnage. Les disperser ailleurs en Afrique est donc un choix stratégique pour l’espèce.
Dans les années 1970, environ 10 000 rhinocéros peuplaient la savane tanzanienne. La chasse mais surtout le braconnage les ont quasiment exterminés. En Afrique du Sud, où la faune sauvage appartient aux propriétaires terriens, les rhinocéros ont été plus facilement protégés car source de revenus pour ces propriétaires qui pouvaient transformer leur terres en réserves de faune et y organiser des safaris touristiques. Pourtant, les ravages du braconnage s’y fait aussi sentir avec environ 10 000 rhinocéros tués depuis 2007. Et ce tout simplement pour leur corne parée de milles vertus thérapeutiques aux yeux des Asiatiques qui les achètent à prix d’or. Relocaliser les animaux dans des pays comme le Botswana, le Rwanda, l’Ouganda, la République démocratique du Congo, et maintenant la Tanzanie permettra de mieux les surveiller et peut-être un jour de repeupler leurs anciens territoires.

Des scientifiques au chevet du rhinocéros
Au Kenya, une autre bataille s’est engagée, celle pour sauver le rhinocéros blanc du Nord, cousin du rhinocéros blanc qui vit au sud de la ligne de l’équateur. Il ne reste en effet que deux spécimens de cette espèce, Nanjin et Fatu, deux femelles qui vivent sous protection permanente dans la réserve de l’Ol Pejeta Conservancy, aux pieds du Mont Kenya. L’histoire commence ici en 2009 lorsque les quatre derniers rhinocéros blancs du Nord (deux femelles et deux mâles) sont transportés par avion d’un zoo de la République Tchèque jusqu’à la réserve d’Ol Pejeta Conservancy. L’idée était alors que les rhinocéros auraient plus de chances de se reproduire dans leur environnement naturel. Mais, malgré plusieurs accouplements, les femelles ne sont jamais tombées enceintes et depuis les deux mâles sont morts de causes naturelles. Dès lors, seule la fécondation in vitro pouvait sauver l’espèce. Pour cela, un consortium international appelé BioRescue s’est constitué qui a fait appel à des laboratoires du monde entier. Le 22 août 2019, une équipe de vétérinaires parvient pour la première fois à prélever des ovocytes sur Najin et Fatu. Transportés dans un laboratoire italien spécialisé dans la reproduction animale, ces ovocytes ont depuis été inséminés artificiellement avec du sperme congelé prélevé sur des rhinocéros blancs du Nord mâles vivants en captivité. A ce jour, vingt-neuf embryons de rhinocéros blanc du Nord ont été réalisés qui devraient être progressivement être implantés dans des mères porteuses rhinocéros blanc du Sud !
Biotechnologie et faune sauvage
Autre piste, celle du laboratoire américain de biotechnologie Colossal, connue pour ses tentatives de résurrection du mammouth laineux, du dodo ou encore du tigre de Tasmanie. Son projet de « sauvetage génétique » consiste à exploiter l’ADN de spécimens de musée de rhinocéros blancs du Nord provenant de toute l’Afrique afin de retrouver la diversité génétique de l’espèce et de créer des outils outils d’édition génomique capable de réintroduire cette diversité génétique dans les cellules des embryons créés en Italie afin de mieux protéger les futurs rhinocéros des maladies. Selon son directeur, une première réintroduction du rhinocéros blanc du Nord pourrait avoir lieu d’ici dix à vingt ans. En attendant, et pour aider à financer les mesures de protection instaurées dans de nombreux parcs nationaux, n’hésitez pas à réaliser votre rêve de safari en Afrique du Sud qui reste à ce jour le pays comptant le plus de rhinocéros blancs et noirs (80% de la population africaine) en particulier dans les réserves du Kruger et de Hluhluwe-Umfolozi.

