Une étude réalisée en forêt de Kibale, en Ouganda, apporte un nouveau témoignage sur l’aptitude des chimpanzés à soigner leur blessure. Déjà capables d’ingérer volontairement certaines plantes pour expulser leurs parasites intestinaux et d’appliquer des feuilles spécifiques pour soigner leurs blessures externes, les voici observés en train d’attraper des insectes pour, là aussi, soigner leur plaies.
Certes, cette aptitude avait déjà été documentée chez des chimpanzés au Gabon mais le primatologues pensaient que ce comportement était réservé à cette seule population. L’observation d’une aptitude similaire en Ouganda apporte un nouvel éclairage sur la manière dont les chimpanzés font face à leurs blessures et savent savoir faire preuve d’imagination pour les soigner. A Kibale, les scientifiques ont observé à cinq reprises des chimpanzés appliquant des insectes sur les propres plaies et une fois sur la blessure d’un congénère. Qu’ils visent un autre animal, ces gestes de soin révèlent une forme d’empathie et d’entraide. Si les chimpanzés sont des animaux sociaux, l’entraide reste rare hormis le toilettage commun, le partage de nourriture et le soutien en cas danger. L’application d’un insecte sur la blessure d’un autre membre de la famille pourrait donc suggérer une étape plus avancée dans les relations entre individus. A chaque fois l’action est délibérée. Le chimpanzé blessé attrape un insecte volant, l‘immobilise entre ses lèvres et l’applique ensuite sur la blessure, une ou plusieurs fois. Pour le moment, personne ne sait rien sur cet insecte ni s’il a des propriétés cicatrisantes ou curatives. De nombreux insectes produisent des substances antimicrobiennes ou anti-inflammatoires donc l’hypothèse est plausible. Des études sont en cours !

