Au Zimbabwe, l’ADN a été utilisé pour identifier deux hommes soupçonnés d’avoir braconné un lion. Cette première mondiale pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le braconnage en Afrique. L’histoire commence en mai 2024, dans le parc national de Hwange, lorsque les équipes de rangers chargés de la surveillance du parc constatent l’arrêt brutal du signal d’un collier émetteur porté par un lion mâle. Ils se rendent à l’endroit du dernier signal émis et y découvrent un piège dans lequel est resté accroché une touffe de poils. Rapidement, les soupçons se portent sur deux hommes d’un village voisin. Dans leur maison sont retrouvés de la viande de brousse, des os, des griffe et des dents de lion. Or, au Zimbabwe, la possession d’organes de lion ne constitue pas automatiquement une infraction car il pourrait s’agir de restes d’un animal trouvé mort de cause naturelle dans la nature.
Inutile de préciser que cette subtilité du droit zimbabwéen pose un vrai problème pour faire condamner les suspects de braconnage. Mais, dans cette histoire, les enquêteurs vont bénéficié d’un atout : un échantillon de sang prélevé auparavant sur le lion dans le cadre d’un suivi scientifique qui a pour but de recenser tous les lions du pays. Le profil génétique du mâle braconné était donc connu et la comparaison avec celui prélevé sur les dents et les griffes a permis de confondre les braconniers et de les condamner à deux ans de prison. Pas de quoi hélas arrêter le fléau du braconnage en Afrique. Les os, griffes et dents de lion retrouvés ont été estimé à plus de 15 000€ à la revente, essentiellement pour alimenter les besoins de la médecine traditionnelle chinoise, une somme considérable pour le pays et qui justifie le braconnage dont les lions sont également victimes. Ces derniers ont disparu de plus de 90 % de leur aire de répartition en Afrique au cours des 100 dernières années et les spécialistes estiment qu’il ne resterait plus que 20 000 lions de par le monde !

