Les grands explorateurs de l'Afrique III - Johannes Rebmann - 10 Mai 2014

Missionnaire allemand, Johannes Rebmann devient un des plus intrépides explorateurs européens opérant en Afrique de l’Est. Son nom reste attaché à la découverte du Kilimandjaro !

 

Né le 16 janvier 1820 à Gerlingen, en Allemagne, Johannes Rebmann décide de devenir prêcheur. A l’âge de 26 ans, il embarque pour le Kenya comme missionnaire. Il se rend vite compte que seule une présence durable auprès des populations autochtones permet d’obtenir des résultats. Grâce aux contacts noués avec les chefs locaux et  àl’apprentissage de plusieurs dialectes (on lui doit le premier dictionnaire allemand-swahili), Rebmann s’aventure toujours un peu plus au cœur du continent noir. Il arrive ainsi dans la région des Grands Lacs dont il dresse une carte très précise, une carte qui reste connue sous le nom de "carte limace" à cause de la forme du lac qui y est dessiné. C’est au cours de ces voyages qu’il entend parler à plusieurs reprises d'une grande montagne appelée « Kilimansharo » qui culminerait dans les nuages et qui serait « recouverte d'argent ». A cette époque, cela tient de légende car, en Europe, personne ne croit à la présence de neige si près de l’Equateur. Le 27 avril 1848, Rebmann quitte Mombasa et moins de deux semaines plus tard, il aperçoit la montagne : « Vers 10 heures, je vis quelque chose de remarquablement blanc au sommet d'une haute montagne et crus d'abord qu'il s'agissait de nuages, mais mon guide me dit que c'était du froid, alors je reconnus avec délice cette vieille compagne des Européens qu'on appelle la neige. » Il publie ses observations en 1849 mais la communauté scientifique de l'époque reste sceptique. En revanche, cette description titille l’imagination d’explorateurs tels que John Hanning Speke et Richard Francis Burton. La course au Kilimandjaro est lancée. Redmann n’y prendra pas part. Il retourne en Allemagne en 1875, trente ans après son arrivée en Afrique, et meurt le 4 octobre 1876 à l’âge de 56 ans.

                                                

En 1861, le baron allemand Karl Klaus von der Decken et le botaniste britannique Richard Thornton grimpent à 2 460 m d'altitude et confirment l'existence de neige au sommet. L’année suivante, le baron atteint 4 260 m d'altitude et réalise les premières cartes topographiques et hydrographiques du sommet qui confirment la nature volcanique du Kilimandjaro. En 1887, le comte hongrois Sámuel Teleki et l'autrichien Ludwig von Höhnel échouent à quelques mètres du sommet, à 5 300 m d'altitude. Ce n’est que le 6 octobre 1889 qu’une expédition menée par Hans Meyer et Ludwig Purtscheller, alpinistes chevronnés, atteint finalement le cratère du Kibo à 5 860 m d'altitude. Le Kilimandjaro est alors attribué aux colonies allemandes de l'Afrique orientale (Burundi, Rwanda, Tanzanie) par le Traité d'Heligoland-Zanzibar signé du 1er juillet 1890 avec l’Angleterre. Le volcan devient vite une attraction pour les grimpeurs. Plusieurs refuges permanents sont construits (refuge Bismarck à 2 550 m, refuge Peters à 3 450, refuge Kibo…). Le Mawenzi, autre sommet du Kilimandjaro, est  conquis le 29 juillet 1912. Au lendemain de la première guerre mondiale, les colonies allemandes passent sous contrôle anglais. En 1926, le pasteur Richard Reusch découvre au bord de la caldeira du Kibo, à près de 6 000 m, un léopard gelé. Cette découverte inspirera la nouvelle d’Ernest Hemingway : « Les Neiges du Kilimandajro ».

                                                

 

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