Les Grands Explorateurs de l’Afrique VI : Henri Morton Stanley - 9 Jul 2014

Les grands explorateurs de l'Afrique - Frederick Selous

 

Le Sélous, le plus grand parc de Tanzanie, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982. Avec une superficie de 55 000 km², il est surtout une réserve de chasse mais la partie nord, délimitée par la rivière Rufiji, est dédiée aux safaris  photos. Quelques lodges s’y sont installés qui proposent  des safaris à la rencontre des zèbres, des gnous, des buffles, des éléphants (la plus grande population de Tanzanie avec plus de 100 000 individus) mais aussi des rhinocéros noirs (2 000), des lycaons, des guépards, des lions et de nombreuses antilopes rares (hippotrague noir, bubale de Lichtenstein, grand koudou, éland), une faune très diversifiée grâce aux nombreux habitats naturels qui composent le parc (forêt de Miombo, prairies, marais, rivière et sources d’eau chaude). Autre avantage du parc, il est très peu visité : moins de 2000 personnes par an. Mais c’est vrai que ce n’est pas le parc le plus facile d’accès.

Le parc national du Sélous, créé en 1922, doit son nom à l’explorateur anglais Frederick Courteney Selous, né à Londres en 1852. A peine âgé de 19 ans, le voici au Cap avec la ferme intention de partir à la découverte d’une Afrique australe encore méconnue. En 1872, il part seul au nord du fleuve Limpopo, en territoire Ndebele. Il est reçu par le roi Lobengula qui lui accorde le privilège de chasser sur ses terres. Commence alors une longue période d’exploration qui l'amène jusqu'au bassin du Congo en passant par le Bostwana, l’actuel Zimbabwe, la Tanzanie. Il remonte le Zambèze et se fait partout accepter par les rois locaux, impressionnés par sa dextérité au fusil et l’efficacité de son calibre 4, une arme si puissante que le recul le jete régulièrement à terre et que les indigènes doivent le masser plusieurs heures après chaque chasse. En 1890, de retour dans la colonie du Cap, Selous est engagé en tant que guide par la "British South Africa Company" de Cecil Rhodes afin de tracer une route et de mener une colonne de plusieurs centaines de pionniers au Mashonaland. C’est le premier acte de Cecil Rhodes en vue de créer la future Rhodésie, actuel Zimbabwe. En décembre 1892, il revient en Angleterre pour y être décoré par la Royal Geographical Society en reconnaissance de ses explorations et en profite pour écrire ses mémoires « Twenty Years in Zambesia ». L’année suivante, il est de nouveau en Afrique pour se battre contre ses anciens amis Ndebele. La guerre terminée et la Rhodésie créée, il rentre en Angleterre et voyage un peu partout dans le monde. En 1909, il est appelé par le président américainTheodore Roosevelt pour être son guide de chasse lors de son voyage en Afrique de l’Est, au Congo et en Égypte. Au cours de ce voyage, Roosevelt et son fils Kermit tuent environs 500 animaux. Cette hécatombe lui fait prendre conscience des dangers d’une chasse non contrôlée pratiquée par les Européens en Afrique et qui met en péril l'existence même de certaines espèces animales. Il préconise alors de mettre en place des droits de chasse afin de garantir la survie de la faune sauvage, notamment des éléphants dont il constate déjà la raréfaction dans certaines régions. Lors de la Première Guerre mondiale, Selous sert comme officier au sein du 25e régiment des fusiliers royaux en Afrique de l'est. Il est tué le 4 janvier 1917 lors d'un engagement contre les troupes allemandes à Beho Beho au Tanganyika, région actuelle du parc du Sélous, où se trouve toujours sa tombe.

                                                       

 

Les grands explorateurs de l'Afrique II - Oscar Baumann 

 

Oscar Baumann fait partie des rares explorateurs autrichiens à avoir parcouru l’Afrique. On lui doit pourtant une des plus belles découvertes qui soit : celle du cratère du N’Gorongoro.

 

 

Né le 25 juin 1864, Oscar Baumann suit des études de géographe et d’ethnologue à l'Université de Vienne. En 1885, il prend part à une expédition à destination du bassin  du Congo. Mais, rapidement malade, il doit quitter ses compagnons (Oskar Lenz et Friedrich Bohndorff). Pourtant, dès 1886, il repart en expédition pour le compte de l’Allemagne qui cherche elle aussi à se constituer une empire colonial. Après la Namibie sur la côte Atlantique, l’Allemagne colonisera, entre 1885 et 1919, un vaste ensemble appelé « Afrique orientale allemande » qui engloberait aujourd’hui la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi. Au cours de ses voyages, Baumann établit les premières cartes vraiment détaillées de ces régions. En 1888, il accompagne le géologue Hans Meyer dans une tentative d'escalade du Kilimandjaro. Capturés par des rebelles arabes, ils seront finalement libérés contre une rançon de 10 000 roupies. Pour la petite histoire, la légende veut que, en 1890, lors des discussions entre l’Angleterre et l’Allemagne pour établir les frontières entre le Kenya anglais et la Tanzanie allemande, l’empereur allemand Guillaume II ait réussi à récupérer le Kilimandjaro en arguant du fait que, grand collectionneur de papillons, il avait de forte chance d’en trouver de rares spécimens dans les forêts pluvieuses présentes sur les pentes du volcan.Nullement découragé par ses mésaventures, Oscar Baumman décide de monter sa propre expédition. A la tête d’un groupe de plus de deux cents personnes, il part pendant deux ans (1891-1893) en territoire Masaï et devient le premier Européen à visiter les lacs Eyasi, Manyara et surtout le cratère du Ngorongoro. En 1896, Baumann est nommé consul à Zanzibar par le gouvernement austro-hongrois. Il décède à l’âge de 35 ans d'une maladie infectieuse le 12 octobre 1899. Le musée d'ethnologie de Vienne conserve toujours sa collection de 3 500 objets rapportés de ses multiples voyages.

                                                               

 

Les grands explorateurs de l'Afrique III - Johannes Rebmann 

Missionnaire allemand, Johannes Rebmann devient un des plus intrépides explorateurs européens opérant en Afrique de l’Est. Son nom reste attaché à la découverte du Kilimandjaro.

Né le 16 janvier 1820 à Gerlingen, en Allemagne, Johannes Rebmann décide de devenir prêcheur. A l’âge de 26 ans, il embarque pour le Kenya comme missionnaire. Il se rend vite compte que seule une présence durable auprès des populations autochtones permet d’obtenir des résultats. Grâce aux contacts noués avec les chefs locaux et  àl’apprentissage de plusieurs dialectes (on lui doit le premier dictionnaire allemand-swahili), Rebmann s’aventure toujours un peu plus au cœur du continent noir. Il arrive ainsi dans la région des Grands Lacs dont il dresse une carte très précise, une carte qui reste connue sous le nom de "carte limace" à cause de la forme du lac qui y est dessiné. C’est au cours de ces voyages qu’il entend parler à plusieurs reprises d'une grande montagne appelée « Kilimansharo » qui culminerait dans les nuages et qui serait « recouverte d'argent ». A cette époque, cela tient de légende car, en Europe, personne ne croit à la présence de neige si près de l’Equateur. Le 27 avril 1848, Rebmann quitte Mombasa et moins de deux semaines plus tard, il aperçoit la montagne : « Vers 10 heures, je vis quelque chose de remarquablement blanc au sommet d'une haute montagne et crus d'abord qu'il s'agissait de nuages, mais mon guide me dit que c'était du froid, alors je reconnus avec délice cette vieille compagne des Européens qu'on appelle la neige. » Il publie ses observations en 1849 mais la communauté scientifique de l'époque reste sceptique. En revanche, cette description titille l’imagination d’explorateurs tels que John Hanning Speke et Richard Francis Burton. La course au Kilimandjaro est lancée. Redmann n’y prendra pas part. Il retourne en Allemagne en 1875, trente ans après son arrivée en Afrique, et meurt le 4 octobre 1876 à l’âge de 56 ans.

En 1861, le baron allemand Karl Klaus von der Decken et le botaniste britannique Richard Thornton grimpent à 2 460 m d'altitude et confirment l'existence de neige au sommet. L’année suivante, le baron atteint 4 260 m d'altitude et réalise les premières cartes topographiques et hydrographiques du sommet qui confirment la nature volcanique du Kilimandjaro. En 1887, le comte hongrois Sámuel Teleki et l'autrichien Ludwig von Höhnel échouent à quelques mètres du sommet, à 5 300 m d'altitude. Ce n’est que le 6 octobre 1889 qu’une expédition menée par Hans Meyer et Ludwig Purtscheller, alpinistes chevronnés, atteint finalement le cratère du Kibo à 5 860 m d'altitude. Le Kilimandjaro est alors attribué aux colonies allemandes de l'Afrique orientale (Burundi, Rwanda, Tanzanie) par le Traité d'Heligoland-Zanzibar signé du 1er juillet 1890 avec l’Angleterre. Le volcan devient vite une attraction pour les grimpeurs. Plusieurs refuges permanents sont construits (refuge Bismarck à 2 550 m, refuge Peters à 3 450, refuge Kibo…). Le Mawenzi, autre sommet du Kilimandjaro, est  conquis le 29 juillet 1912. Au lendemain de la première guerre mondiale, les colonies allemandes passent sous contrôle anglais. En 1926, le pasteur Richard Reusch découvre au bord de la caldeira du Kibo, à près de 6 000 m, un léopard gelé. Cette découverte inspirera la nouvelle d’ErnestHemingway : « Les Neiges du Kilimandajro »

                                                     

 

Les grands explorateurs de l’Afrique IV - Richard Francis Burton 

 

Le plus sulfureux des explorateurs européens fut sans nul doute Richard Francis Burton. Polyglotte, aventurier, ethnologue et écrivain, il connut bien des déboires au cours de ses diverses expéditions. Et, s’il découvrit le lac Tanganyika en 1858, il ne put jamais atteindre les sources du Nil, le saint Graal de tous les explorateurs de cette époque.

Richard Francis Burton nait le 19 mars 1821 dans le Devon, en Angleterre. D’une famille aisée, il fait très tôt de nombreux voyages en France et en Italie, voyages au cours desquels il se révèle être particulièrement doué pour les langues en apprenant le français, l’italien, le latin et, accessoirement, différents dialectes tel que le  napolitain ! Admis au Trinity College d'Oxford à l'automne 1840, il n’y restera que deux ans pour cause d’indiscipline notoire. Il n’a alors d’autres choix que de s’engager dans l'armée. Par goût des voyages et de l’aventure, il choisit la compagnie anglaise des Indes orientales pour aller combattre en Afghanistan. Il arrive après la bataille et se retrouve donc en Inde, affecté au 18e régiment d'infanterie indigène de Bombay, basé à Gujarat sous le commandement du général Charles James Napier. A défaut de combat, Burton se met aux langues et apprend l'hindoustani, le gujarâtî, le marâthî, le persan et l'arabe. Cet intérêt pour les langues mais aussi pour les cultures locales font que ses camarades de chambrée l'accusent de « tourner indigène » et d’être un « nègre blanc ». Si on ajoute à cela le fait qu’il élevait plusieurs singes dans l’espoir d’apprendre leur langage, vous aurez compris que le sieur Burton passait pour un parfait original. Histoire de le détourner de ses dangereux penchants, le général Napier l’envoie cartographier la lointaine contrée du Sind, au nord de l’Inde. Pas de soucis, en quelques semaines, Richard Burton apprend à se servir des instruments de mesure jugés pourtant inaccessibles au commun des mortels, une expérience qui lui sera fort utile lors de ses futures explorations africaines. Mis au repos, il rentre en Europe et rencontre sa future femme, Isabel Arundell, à Boulogne-sur-mer.Malgré cette idylle, Burton ne tient pas en place et obtient en 1850, le soutien de la Royal Geographical Society de Londres pour monter une exploration en péninsule arabique et surtout réaliser le Hajj, le pèlerinage à la Mecque pourtant strictement réservé aux Musulmans. Grâce à sa connaissance de l’arabe et son goût pour les déguisements, il réalise cet exploit en 1853 qui le rendra enfin célèbre. En mars 1854, il se rend à Aden (Yémen) afin de préparer une nouvelle expédition en Somalie. C’est là qu’il rencontre  le capitaine John Hanning Speke, futur compagnon d’exploration.  Il part néanmoins seul en Somalie et est le premier européen à entrer dans la cité d’Harrar (Erythrée) malgré une ancienne prophétie qui annonçait que la cité commencerait à décliner le jour où un chrétien parviendrait à l'intérieur. Au cours de cette expédition, il entend parler de grands lacs situés plus loin sur le continent. De retour à Aden, il décide de partir à leur recherche en compagnie de John Speke et de William Stroyan. A peine arrive en terre Somalie, le groupe est attaqué, Stroyan est tué, Speke blessé onze fois et Burton a le visage transpercé d'une lance dont la pointe pénètre par une joue et ressort par l'autre.Suite à cet échec, la Royal Geographical Society accepte pourtant en 1856 de financer une nouvelle expédition au départ de Zanzibar pour aller découvrir cette « mer intérieure » décrite par des marchands arabes et des esclaves. Speke l'accompagne de nouveau et, le 27 juin 1857, ils quittent la côte orientale de l'Afrique. Là aussi, la chance n’est pas avec eux. Speke devient aveugle durant une partie du voyage et Burton, incapable de marcher, doit être porté une bonne partie du chemin. Malgré cela, l'expédition parvient au lac Tanganyika en février 1858. Lors du voyage de retour, Burton tombe à nouveau malade et Speke décide de partir seul vers le nord, espérant secrètement découvrir les sources du Nil. Le 3 août 1858, il arrive sur les rives du lac Ukéréoué, qu'il baptise lac Victoria, du prénom de la reine d'Angleterre. Il pense avoir trouvé les sources du Nil, ce qui ne sera confirmé que bien des années plus tard. Dans l’immédiat, c’est surtout une source d’ennuis qui lui vaudra une brouille définitive avec Burton, dont ce sera la dernière grande expédition.  En janvier 1861, Richard Burton épouse enfin Isabel Arundell et entame une belle carrière dans la diplomatie comme consul. Lors de son premier poste en Guinée équatoriale, il en put résister au plaisir d’être le premier européen à gravir le mont Cameroun. Il sera ensuite consul au Brésil, en Syrie, puis en Italie où il décède le 20 octobre 1890. Au cours de ces années, il rédige de nombreux ouvrages sur ses aventures mais aussi traduit certains ouvrages jugés fort licencieux pour l’époque tels que le Kâmasûtra (1883), Le livre des Mille Nuits et une Nuit (1885), Le Jardin parfumé du CheikhNefzaoui (1886)…

                                                        

 

Les grands explorateurs de l’Afrique V : David Livingstone 

 

Le plus célèbre des explorateurs africains est sans nul doute David Livingston. Ce missionnaire écossais passa plus de trente ans à arpenter les coins les plus reculés de l’Afrique australe, là où la plupart des ses collègues s’avouèrent vaincus en quelques années, victimes du paludisme et des attaques de tribus hostiles. A défaut d’avoir réussi à identifier les fameuses sources du Nil, il découvrit la vallée du Zambèze et les chutes Victoria.

 

 

 

 

Né en mars 1813 près de Glasgow, David Livingstone se prépare très tôt à devenir missionnaire. En 1836, il entre à l'Anderson's College de Glasgow et y étudie la médecine et la théologie. A peine son diplôme en poche, il rejoint la London Missionary Society et, en 1840, il embarque pour Le Cap, en Afrique du Sud. Sa première mission est de porter la bonne parole dans la région du Kalahari, près de la ville de Kuruman. Il en profite pour étudier les langues locales, effectue déjà quelques explorations dans l’actuel Bostawana, se marie. En 1849, il traverse le désert du Kalahari et arrive sur les rives du lac Ngami. En fait, il cherche un chemin fiable et facile qui relierait la côte ouest à la côte est de l’Afrique. En 1851-1852, il pense avoir trouvé la solution en explorant le cours du Zambèze, mais il finit par rejoindre la côte atlantique de l'Angola. Nullement découragé, il repart plus au nord, découvre la rivière Kasaï, un affluent du Congo, et achève la cartographie de l’Angola. Ses pas le ramènent finalement vers le Zambèze et, le 17 novembre 1855, il découvre les désormais célèbres chutes Victoria. Encouragé par ce succès, il persévère et, le 20 mai 1856, deux ans après son départ de Kuruman, il atteint l’Océan Indien. Il est alors le premier européen à avoir traversé le continent africain d'ouest en est.Invité en Angleterre en 1858 par la Royal Geographical Society pour y recevoir une médaille d’honneur et en devenir membre, David Livingstone en profite pour donner de nombreuses conférences et publie le récit de ses explorations, récit qui connait un franc succès. Au cours de ses conférences, Livingstone expose sa théorie selon laquelle l’homme blanc a le devoir de civiliser les races dites moins développées en leur apportant les bienfaits des progrès techniques, de la médecine, de l’alphabétisation, de la religion chrétienne et, accessoirement, du commerce. C’est que, au cours de ses voyages, il ne se contente pas d’évangéliser (ses succès en la matière sont assez insignifiants), il identifie aussi les ressources économiques potentielles des territoires. Cela ne le satisfait pas. Puisque, avant lui, Burton et Speke avaient tenté en vain de trouver les sources du Nil, Livingstone se lance dans l’aventure. Il repart donc en exploration et découvre le lac Malawi en septembre 1859. Les années qui suivent, sonnent pourtant le déclin. Après le décès de sa femme en 1864 et malgré le peu de support financier de ses anciens sponsors un peu échaudés par l’absence de réels résultats, il repart en direction du lac Tanganyika (Tanzanie). Malade et abandonné par ses porteurs, il décide de rester sur les bords du lac, à Ujiji.C'est là que, en 1869, Henry Morton Stanley, journaliste envoyé par le journal New York Herald, le retrouve et lâche cette phrase célèbre : « Docteur Livingstone, I presume ? ». Nous sommes le 28 octobre 1871. Les deux hommes restent quelques mois ensemble au cours desquels ils explorent le nord du lac mais, lorsque que Stanley repart en Angleterre, Livingstone refuse de le suivre. Il mourra de dysentrie le 1er mai 1873 sur les rives du lac Bangwelo (Zambie). Un mémorial se dresse aujourd’hui à l’endroit où son cœur fut enterré. Son corps, en revanche, fut embaumé et ramené à Londres. Il est enterré au milieu de la nef centrale de l'abbaye de Westminster.  

                                        

 

Les Grands Explorateurs de l’Afrique VI : Henri Morton Stanley 

Célèbre pour avoir retrouvé David Livingstone au fin fond de l’Afrique, Henri Morton Stanley était aussi un journaliste de talent et un aventurier sans trop de scrupules.

Né le 28 janvier 1841 au Pays de Galles, Henri Morton Stanley commence mal dans la vie. Né John Rowlands, de père inconnu et d'une mère servante, l'enfant est élevé par son grand-père, puis placé en famille d’accueil avant de finir en "maison de travail". A 15 ans, il quitte l’établissement, fait divers petits boulots avant de s’embarquer pour la Nouvelle-Orléans. Là, un négociant en coton du nom de Henry Hope Stanley le prend sous son aile. A 20 ans, en 1861, il s’engage dans l’armée des Confédérés sous le nom de Henri Stanley. Blessé, il est capturé et interné près de Chicago. En 1862, il accepte de s’engager chez les Nordistes. Henri Stanley embarque alors sur le navire de guerre « Le Minnesota ». C’est là qu’il se fait remarquer pour son écriture A la fin de la guerre de Sécession, en 1865, il est engagé comme correspondant par un petit journal pour lequel il suit les guerres indiennes. Ses textes enflammés attirent l'attention de James Gordon Bennett Jr., le patron du New York Herald, un journal à sensation. Il y est embauché en 1867 et son premier reportage le conduit en Afrique, en Abyssinie. Grâce à son audace et sa plume, il devient l’envoyé spécial du journal. Le 16 octobre 1869, un télégramme de James Bennett lui demande de rentrer car il a une nouvelle mission à lui confier : celle de retrouver Livingstone.

David Livingstone, parti à la recherche des sources du Nil, est porté disparu depuis 1866. Mais Stanley ne se précipite pas et réalise en route des reportages sur l’ouverture du Canal de Suez, l’Arabie, l’Inde. C'est seulement en 1870 qu'il quitte Bombay pour partir à la recherche de Livingstone. Il part de Zanzibar en janvier 1871 à la tête d’une expédition de 190 hommes. De là, il rejoint les rives du lac Tanganyika et, grâce aux  contacts avec les tribus locales, retrouve David Livingstone le 10 novembre 1871 à Ujiji. Les deux hommes passent près d’un mois ensemble mais, malgré les conseils de Stanley, Livingstone refuse de rentrer. Il  mourra en 1873. Pour Stanley, l’aventure continue. Sa renommée est à son apogée. Il en profite pour monter de nouvelles expéditions en Afrique équatoriale, qu'il traverse d'est en ouest en partant de Zanzibar en 1874. L’expédition, financée par le Daily Telegraph et le New York Herald, mobilise plus de 230 personnes, porteurs et soldats, et un bateau en pièces détachées, le « Lady Alice ». Il gagne le lac Victoria en suivant l'itinéraire de John Hanning Speke, en effectue la circumnavigation, puis explore les rives du lac Tanganyika. Infatigable, il part reconnaitre le fleuve Congo. Trois ans plus tard, en août 1877, il atteint la côte atlantique mais les deux tiers de ses hommes sont morts ou on déserté en route.

Fasciné par ses exploits, le roi Léopold II de Belgique, désireux de se constituer un empire colonial, l’invite à travailler pour lui. Le 10 juin 1878, les deux hommes se mettent d’accord et Stanley repart en Afrique pour faire du Congo la première colonie belge.  Les « contrats » passés avec les chefs locaux les dépossèdent de leurs terres mais aussi de leurs sujets. Stanley profite de cette main d’œuvre bon marché pour construire une piste de deux cents kilomètres le long du fleuve. Des petits bateaux à vapeur sont acheminés et assemblés à Stanley Pool afin de desservir les nombreux comptoirs installés en amont du fleuve. En 1884, Stanley fait du village de Kintambo, Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) la capitale de ce nouveau royaume de plus de 2,5 millions de km². À son retour au Royaume-Uni, Stanley se marie enfin et devient député à la Chambre des communes de 1895 à 1900. Anobli en 1899, il meurt le 10 mai 1904 à Londres. Ses archives complètes sont conservées au musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren, en Belgique.
                                                    
 

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