Séjour du 4 au 12 Mars 2008, 6 jours de pêche.
Avec quelques amis, nous avons l’habitude d’assouvir notre passion de la pêche exotique une à deux fois par an.
Notre penchant pour la pêche au lancer de leurres nous a conduits dans des pays comme les Bijagos, Djibouti, le Gabon, le Costa Rica. Cette année 2008, sur les conseils de l’agence SWI, nous avons opté pour l’Archipel des Radama, au Nord de Madagascar. Début Mars, bien que cela soit un peu tôt dans la saison, (risque de cyclone non exclu), nous voici, après un voyage sans histoire, à Nosy Be. 3 heures de navigation plus tard, sur le très confortable bateau de Philippe, le patron du camp de pêche, le superbe archipel s’offre à notre vue. KALAKAJORO, une plage de sable blanc surplombée par le camp de pêche, véritable petit village malgache construit en matériaux locaux, édifié avec intelligence et parfaitement intégré à l’environnement.
Une fois les moteurs coupés, seul le bruit d’un maillet frappant le bois trouble le calme de l’endroit. Un vieux boutre appartenant à Philippe, est en réfection sur la plage. Un travail à l’ancienne, avec des outils d’un autre temps. Un sentiment de « bout du monde » nous envahi. La végétation semble impénétrable, le sable, fin comme du talc ne porte aucun signe de pollution moderne, l’eau est d’une transparence minérale, quelques chasses éclatent très prés de la plage… une vraie Robinsonade.
Installation dans nos cases qui toutes surplombent la petite crique. L’ensemble est d’une propreté incroyable. Les cuisines (je suis restaurateur) pourraient servir d’exemple à bon nombre de restaurants européens !!!
Soirée décontraction et préparatifs du matériel pour le lendemain avec Philippe, apéro face à la mer, ZEN.
Le jour suivant, départ très tôt. Quelques lancers de popper pour se dérouiller puis recherche des chasses afin de prendre quelques bonites qui serviront d’appât « à la calée » appelée ici palangrotte.
Les choses sérieuses commencent avec plusieurs belles ignobilis au popper et cela bien que Mars ne soit pas la meilleure saison pour ce type de pêche.

Toutes nos sorties sont fructueuses, avec à chaque jour un ou plusieurs moments très forts et des montées d’adrénaline imprévisibles. Une fois, il s’agit de chasses de thons jaunes furieux, ces combattants d’exception et je peux vous certifier qu’un thon jaune de 20 kg sur une canne en 50 livres reste une bataille épuisante et incertaine. Ce même jour nous avons vu passer sous le bateau des monstres dont je suis incapables d’estimer le poids (50, 80, 100 kgs ???).

Une autre fois, les carangues étaient si nombreuses autour de nous qu’il était difficile d’en estimer le nombre. Surement un banc de plusieurs centaines.
Le jour d’après, pêchant « à la calée », je jette un œil sur le sondeur du bateau. L’écran est totalement occupé par des poissons. Des carpes rouges, presque identiques, dont le poids se situait entre 3 et 5 kg, pas très grosses mais des poissons quand même !!! A trois pêcheurs, environ 30 prises en une petite heure de pêche, remises à l’eau à chaque fois que cela était possible, Philippe officiant en réanimateur de poissons très expérimenté.

Le clou de ce séjour reste la prise d’un espadon voilier au jig. Cela surprend tout de même !!
Nous avons posé nos cannes pour regarder avec émerveillement Jeff bataillant dur et très longtemps pour venir à bout de ce magnifique poisson.

Durant ce séjour, nous avons essayé de ne pas trop prélever de poissons, mais cela n’est pas toujours facile, ces derniers ne se rendant qu’après une lutte les épuisant complètement. Pour nous consoler, une partie des prises, à notre retour au camp de pêche, étaient distribuées aux habitants de Kalakajoro, Philippe nous ayant expliqué que les villageois n’avaient pas mangé autre chose que du riz et des haricots depuis le mois de décembre, soit presque 3 mois. C’était un bonheur de voir leur joie.
En résumé un séjour inoubliable, bien qu’un peu court, avec un nombre d’espèces capturées très importants allant de la carangue à la carpe rouge, en passant par les thons jaunes, les sérioles, madames tombées, capitaines, requins, espadons, bonites, barracudas, thazards…

Cet endroit est un véritable paradis, Philippe en est l’ange gardien, veillant avec gentillesse et passion au bien être de ses invités que sont les pêcheurs en n’oubliant pas que cet endroit exceptionnel reste fragile et ne doit pas être défiguré.
Un grand merci à Philippe et à Michel, le marin fou de pêche, bondissant à chaque touche et nous égueulant à chaque raté.
Merci aussi à SWI pour son professionnalisme dans l’organisation de ce très réussi séjour de pêche.
Alain (Charente)