Les Grands explorateurs : Ibn Battûta, l’érudit voyageur - 23 Fév 2017

A cette époque, l’arabe est la langue prédominante dans une large partie du monde et les commerçants forment d’immenses caravanes qui n’hésitent pas à s’enfoncer au cœur de l’Afrique et d l’Asie. Ibn Mattûta peut donc assez facilement se joindre à ces convois et embarquer sur des boutres en partance pour l’Océan Indien. Lors de son premier pèlerinage à La Mecque, entre  1325 et 1327, il visite la vallée du Nil, la Libye, la Syrie, l'Irak et même l'Iran. Entre 1328 et 1330, il décide d’effectuer son deuxième pèlerinage en passant par la côte est de l’Afrique et les comptoirs arabes de Kilwa, de Mombasa et de Lamu. Décidément adepte des chemins de traverse, il explore la Turquie, la mer Noire, l'Asie centrale, l'Inde, Ceylan, Sumatra, la Malaisie et la Chine jusqu'à Pékin avant de rejoindre La Mecque. Ce troisième voyage durera 16 ans, de 1330 à 1346. Enfin, sa dernière idée est de traverser le Sahara jusqu'au Mali. Ses écrits regorgent d’indices et de faits historiques. Ainsi, en janvier 1326, il livre une description détaillée du phare d'Alexandrie et signale, qu'à son retour en 1349, le phare n’existait plus. Lorsqu’il visite peu après les pyramides de Gizeh, elles sont encore  couvertes de leur parement de calcaire qui les rendait brillantes. De Damas, il dit que c’est le paradis terrestre. Lorsqu’il arrive en 1327 à Bagdad, en Iran, la ville vient d’être rasée par les cavaliers mongols. Vers 1331, il embarque à bord d’un boutre et fait voile vers Mogadiscio, Mombasa, Zanzibar et Kilwa, les principaux comptoirs arabes de la côte est africaine. En Turquie, il constate que les femmes « y tiennent un rang plus élevé que celui des hommes et qu’elles ne sont pas voilées ». Plus tard en  1346, Ibn Battûta fait voile vers la Chine et s’émerveille devant  les progrès de la civilisation chinoise. Il y découvre entre autres l’usage des billets de banque. De retour en Arabie en 1348, il assiste impuissant aux ravages de la peste noire qui l’accompagnera de la Syrie à l’Espagne en passant par le Maroc. De retour au Maroc après une longue traversée du Sahara, Ibn Battûta dicte ses mémoires au poète Ibn Juzayy al-Kalbi qui paraissent sous le titre « Un cadeau pour ceux qui contemplent les splendeurs des villes et les merveilles des voyages ».

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